Témoignages

E.C.D., assistante technique

11-11-2009

Je suis arrivée en octobre 2005 à PRO’ACTIF (alors CHOM’ACTIF), à bout de souffle.
J’étais sans emploi depuis 20 mois, isolée dans ma recherche strictement limitée à Internet.
Je savais que des associations de chômeurs existaient ici et là mais, craignant de me retrouver dans des fonctionnements misérabilistes, je ne me sentais pas de taille à passer de la galère à la trirème.
Cet isolement était donc un choix délibéré de ma part.
Cependant, il est arrivé un moment où, sans aucun échange, ni partage, j’ai touché le fond.
J’ai cherché un secours sur Internet et c’est là que j’ai trouvé le site SOLIDARITES NOUVELLES FACE AU CHOMAGE. (SNC) sur lequel j’ai laissé un SOS.
La semaine suivante, je fus contactée par les bénévoles de cette association qui m’ont rapidement sortie de mon isolement par l’échange verbal, la stimulation et le suivi de mes recherches. Puis il m’ont fait connaître « CHOM’ACTIF » où le groupe local SNC était hébergé.
Je me suis laissée convaincre d’assister à la séance de présentation le mardi matin.
Finalement surprise par son originalité et son caractère innovant, sensible aux piliers fondateurs basés sur le regard porté sur certaines catégories de la population avec pour conséquence le phénomène de Pygmalion et sur les effets pervers de l’assistanat, stimulée par les principes d’autonomie et d’entraide et le fonctionnement calqué sur celui de l’entreprise sur lesquels s’appuyaient les activités proposées, j’ai tout de suite adhéré.
Enfin, il m’était possible de sortir des clichés de « la chômeuse fainéante qui se la fait belle aux frais de la collectivité » pour les uns, et de « la pauvre chômeuse sans le sou » pour les autres !
Enfin je retrouvais ma place de « citoyenne actrice de sa recherche et de son devenir » !
Enfin je retrouvais mon souffle !
Enfin je retrouvai un rôle dans le monde du travail en février 2006 !
Activités :
« PRO’ACTIF » fonctionne sur les mêmes principes, fondements, organisation etc. que toute entreprise : engagement, esprit d’entreprise, présence, ponctualité, organisation, fonctions, procédures, tâches, travail d’équipe, bilans, développement, efficacité, obligation de résultats, à la différence qu’il n’y a pas de hiérarchie et qu’il repose sur le volontariat non lucratif, ce qui requiert une forte responsabilisation et une bonne dose de motivations.
Pour ma part, j’ai notamment participé, en équipe ou en binôme, aux activités suivantes :
La « réunion d’équipe hebdomadaire » pour échanger des infos et des offres et organiser les activités de recherche de la semaine.
Ces réunions ont contribué à me redonner un cadre de travail, des repères indispensables, la rigueur nécessaire, un rôle autonome mais interdépendant de mes collègues, de l’intérêt pour les évènements économiques de la région, de l’espoir au regard des offres circulant.
La « simulation phonique » pour plus d’efficacité dans les négociations téléphoniques.
L’inactivité, la crainte de l’avenir, l’isolement, m’avaient fait perdre le recul suffisant pour formuler une demande d’entretien auprès des recruteurs. Grâce à mes collègues qui m’ont proposé un entraînement « dos à dos » avec répartition des rôles, cette activité m’a redonné confiance et libérée de mes blocages.
Les « échanges » formels, chronométrés, suivis de « la recherche croisée sur Internet », dans une optique d’entraide, pour connaître la recherche des autres membres afin de mieux repérer leurs profils et mettre en adéquation les offres découvertes ici et là, et aussi pour soi-même apprendre à présenter son parcours de manière synthétique.
L’entraide a été ici un bonus pour moi qui avait plutôt connu dans le monde du travail, des querelles intestines visant à défendre son pré carré  avec leur cortège d’obstacles à l’efficacité.
Les « équipes faire le point, se booster ».
J’ai ainsi pu fixer noir sur blanc mes objectifs de recherche pour la semaine à venir et vérifier leur progression, exprimer mes besoins auprès de mes collègues qui m’ont donné des pistes et des contacts ainsi que des conseils pour mieux présenter mon CV.
La « veille documentaire » qui consiste à lire les différents documents sur l’actualité économique, arrivés au cours de la semaine, afin d’y relever les infos et les offres pertinentes pour l’équipe en recherche et le réseau des anciens et sympathisants.
En plus de l’intérêt intellectuel très personnel que l’on en tire, quel plaisir d’en faire profiter tout un chacun.
La « saisie de base de données » à effectuer pour élaborer le carnet d’adresses des entreprises et de leurs contacts après avoir prospecté directement auprès des recruteurs sur les besoins en recrutement de leur Société.
C’est une mine d’informations précieuses que l’on enrichit et dont on s’enrichit, sans compter que c’est un excellent exercice de bureautique qui permet de rester à niveau sur un logiciel.
J’ai visionné des vidéos sur différentes méthodes de recrutement, une autre sur la gestion du temps, la première démystifiant le rôle du recruteur et apportant de la sorte une meilleure connaissance de ses besoins et ses attentes potentiels pour savoir se positionner et postuler, la seconde permettant d’apprendre comment s’organiser pour un travail efficace.
Ayant perdu mes repères, les mécanismes de travail et tout comportement méthodique au cours de mes 20 mois d’isolement, j’ai progressivement retrouvé mes marques.
Et puis le temps est venu de créer l’évènement médiatique ayant pour objectif la rencontre entre recruteurs et chercheurs d’emplois ; avec quatre de mes collègues seniors comme moi, nous avons opté pour un état des lieux sur le sujet « les seniors et l’emploi ».
Ce travail collectif, ces enquêtes très fouillées, les contacts que j’ai pu avoir auprès de certaines entreprises, certains partenaires et d’autres seniors en recherche d’emploi, la synthèse, le montage du projet et la réalisation de la conférence et ses débats, ont largement contribué à me redonner une participation active grâce à la constitution de notre équipe de travail ainsi qu’un rôle social concret.
Conclusion :
PRO’ACTIF m’a permis :
– De me restructurer, retrouver mes repères, des méthodes de travail
– De retrouver un rôle social, une raison d’être avec autrui
– De m’enrichir des qualités et compétences de mes collègues
– De retrouver ma dignité
– De reprendre confiance en moi et envers le monde du travail
– De me reconstruire un avenir
– De retrouver un emploi et d’y être épanouie
– De rire à nouveau aux éclats

Mais tout cela n’aurait jamais été possible sans la synergie de groupe, l’entraide concrète, l’engagement des un(e)s et des autres, les nombreux outils et procédures mis en place par tous les membres arrivés ici un mardi avant moi et qui ont fait un travail remarquable dont les suivants peuvent bénéficier, ni enfin, sans le respect de la diversité.